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Le projet

Visuellement, la vidéo sera constituée d’un seul plan séquence ; une longue prise au drone en travelling avant d’un personnage en skate. La scène sera située sur une route rectiligne, dans un décor industriel (entrepôts, grillages, espaces vides, …). Il n’y aura pas d’autres personnages, d’habitations ni d’installations pour le public : ce n’est pas un lieu où les individus ont leur place.

Le personnage sera donc seul dans ce lieu sec, vide. Il avance en skate dans la rue toute droite et la vidéo consiste en une line en flat ; un enchaînement de figures sans coupe au montage.

Le décor sera directement éclairé par la lumière dure du soleil et les couleurs seront désaturées, légèrement contrastées comme sur les exemples ci-dessous. L’avancée de la caméra sera parfaitement régulière, constante, un peu au-dessus de la tête du personnage. Durant toute la vidéo, elle filmera le personnage de dos, en plongée, parfaitement au centre de l’image.

Inspirations visuelles

Intentions

Le personnage skate durant toute la durée du film (1-3min), puis il atteint le bout de la rue. Elle débouche sur une zone plus résidentielle, avec une vie de quartier et quelques passants. Il s’arrête et observe la situation, son skate à la main. Un tramway approche et il s’avance vers la station à pied. Il se fond dans la foule qui monte dans la rame.

L’action du personnage et le contraste entre le lieu dénué de vie du début de la vidéo et celui plus urbain de la fin représentent le fait de défier les conditions et de créer, de prendre la parole. Quand on pense à quelqu’un de créatif, l’exemple évident qui vient à l’esprit est souvent une superstar, quelqu’un qui produit tous les jours pour des milliers de fans. La superstar a même supplanté la personne, dans notre perception.

En partant de là, il est facile de rationaliser notre manque d’action en se disant que, comparé à un modèle de cette envergure, on n’évolue pas dans les bonnes conditions. On a un emploi qui prend toutes nos journées, on n’est pas toujours inspiré, on a du mal à trouver une audience, …

Le message de cette vidéo est justement de ramener la notion de génie à chacun d’entre nous, et de rappeler qu’il est possible de créer maintenant, sans attendre l’alignement des étoiles. Le lieu désert du début marque une limite : ce n’est pas un lieu accueillant. Seul le personnage y va ; c’est son espace. Et, dans cet espace, il lui est possible de pratiquer ce qui est le plus important pour lui. Un peu plus tard, il revient vers la société et n’y trouve plus nécessairement la place de continuer. Il devient alors un citadin parmi la foule présente. Mais il a ce génie en lui : comme il l’a démontré, il peut trouver les opportunités de créer et les saisir.

Les choix de caméra sont motivés par quelques caractéristiques que je souhaite donner à ce film. Le long plan séquence, mathématique dans sa progression, se détache d’une cinématographie plus traditionnelle qui chercherait intuitivement à se rapprocher de son sujet, à multiplier les plans pour toujours présenter l’angle le plus significatif et le plus esthétique et à construire le rythme du film.

Bien que la conception de ce film et ses intentions audiovisuelles soient cinématographiques, je souhaite tout de même rester proche de ce qui fait le corps de la vidéo de skate. C’est-à-dire cette représentation figurative au possible, où l’importance de l’instant filmé surpasse toutes les priorités esthétiques du créateur. On cherche à rendre la vérité d’une prouesse et à la rendre incontestable en se tenant bien à l’écart des raccords et des angles de vue partiels. Tout doit être filmé sans coupe, avec un cadre qui englobe la totalité de l’action, au détriment du dynamisme de la scène, pour ôter de l’esprit du spectateur la possibilité de tout trucage.

Malgré les considérations esthétiques du film, je souhaite nouer avec ce style très figuratif qui constitue pour moi l’A.D.N. de la vidéo de skate. Filmer en plan séquence, avec un mouvement très épuré, un grand angle et carrément un personnage de dos durant tout le film me permet de donner ce caractère au film.

Ce long travelling apporte aussi un côté inexorable, intemporel, légendaire. La caméra ne cherche pas à se focaliser sur les détails de l’action, à s’en rapprocher, s’en éloigner, à s’adapter à ce qui se déroule à ce moment précis. Elle règne plutôt impassible, omniprésente, au-dessus de l’action et lui confère un caractère universel.

Message

CARTON TITRE
Genius : In ancient Rome, the guiding spirit of a person, family, or place. From the Latin verb genui, genitus, “to bring into being, create, produce”.

Each of us has genius, and work that matters is about letting the genius out.

VOIX

‘Art has nothing to do with painting. Art happens when a human being takes a risk to create something new, to make a connection and change someone.

You can be an artist who works with oil paint or marble, sure. But there are artists who worked with numbers, business models, and customer conversations. Art is about intent and communication, not substances.

We can see art in the work of a fabulous pediatric nurse who makes the family feel a little more comfortable when they are dealing with a stressful time.

Art is made by a human being.
Art is created to have an impact, to change someone else.
Art is a gift. You can sell the souvenir, the canvas, the recording… but the idea itself is free, and the generosity is a critical part of making art.
By this definition, most art has nothing to do with oil paint or marble. Art is what we’re doing when we do our best work.

Change never happens when specs are met, when we do as we’re told, when our work is predictable. Change happens when we let our art, the most human thing we can offer, into the world.

The challenge is that it might not work. What it takes to make change happen is to show up, day after day, as your movement slowly gains steam, as your organization hits speed bumps, as the news goes from bad to worse…

No one is a genius all the time. Einstein had trouble finding his house when he walked home from work every day. But all of us are geniuses sometimes.

More often than not, art doesn’t quite seem to fall within the boundaries of what society values. Offer it anyway. Offer it whenever you have the chance. When you are short of sleep, out of money, hungry, in the middle of a domestic mess and during a blizzard. Whenever. As long as whenever is now.

Art brings humanness, generosity, risk, change, connection. Art enables the unexpected. The genius is in each of us. It is up to us to let it out whenever we have the opportunity.’

La voix off est largement basée sur le travail de Seth Godin.

Autres travaux

Voici une vidéo du même format que j’ai réalisée, sur un thème totalement différent.

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